Ce n'est pas sans un énorme "trac" que je débute enfin ce premier "J'M" La musique est un domaine si vaste, et il inonde tant mon espace de vie, que je ne sais pas par quel bout le prendre pour vous le présenter ! Le bon sens voudrait que je vous caresse dans le sens du poil en vous faisant écouter un son auquel vous êtes habitués, etc. ... Cela n'aurait aucun intérêt. Et puis je ne suis pas "pleine de bon sens" ! Le but essentiel étant de vous faire découvrir pour certains, sans vous agresser pour autant. (Du moins pour commencer...)
Bon, je me jette à l'eau. Nous allons commencer par une chanson. Elle n'est pas toute jeune (si, plus jeune que moi !), puisque elle est de 1953.
En vous disant que le texte est de Mac Orlan, c'est déjà un label de qualité !
Auteur du célèbre "Quai des Brumes", il fut avant tout un aventurier. (Pour en savoir plus sur "sa vie son oeuvre", M. GrossGoogle vous racontera tout ça.) Pierre Mac Orlan disait : "Avec quelques chansons, tout homme peut raconter sa vie. Pour moi, écrire des chansons c'est écrire mes mémoires..." Il savait en effet donner une telle intensité à ses personnages !
Le titre de cette chanson est - LA FILLE DE LONDRES -
Pour l'épauler, ou du moins ne pas trahir ses "mémoires", il fait appel à M. V. Marceau.
Son vrai nom est en fait Marceau Vershuren, il est né en 1902. J'ai eu l'opportunité de visiter ce "Monsieur". Je me souviens de son air désabusé quand il me raconta qu'il avait du changer de nom au profit d'un p'tit jeune interprète qui commençait à se faire connaître. Il se prénommait André, et Marceau aurait pu lui faire de l'ombre... Certes, M. V. Marceau ne se produisait pas trop en public, comme le p'tit jeune.
Monsieur V. Marceau était un artisan de la musique comme je les aime. A plus de 80 ans, il s'émerveillait comme un enfant du fait qu'il avait pu payer la réparation du toit de son petit pavillon de banlieue avec un titre qu'il venait d'écrire. Un morceau qui était devenu une sorte d'hymne pour les accordéonistes. Il ne faisait qu'écrire pour les autres interprètes et auteurs de chansons. Il fut l'auteur de centaines et des centaines de titres... !
Je me souviens de sa jubilation de me faire écouter un accordéon que des russes venaient de lui offrir. Il était en bois et avait une sonorité réellement nouvelle. Il avait une couleur de son très « romantique » du à son accord et à sa caisse. Il faut vous dire que M. Marceau fut le premier accordéoniste référence Cavagnolo. C'est une des raisons pour laquelle il était fréquemment sollicité pour tester de nouveaux instruments aussi bien français qu'étrangers.
Je m'éloigne du sujet mais j'avais envie de rendre hommage à ce grand compositeur si méconnu.
Et à présent l'interprète. La finalité, celle qui "porte" l'oeuvre. Celle qui va se mettre à son service. (Contrairement à tant de chanteurs qui, portés par leur ego et les médias, s'accaparent le tout pour en faire Leur pièce.)
"La Fille de Londres" fut crée par Germaine Montéro, mais j'ai choisi la chanteuse que j'apprécie le plus pour cette interprétation (j'aurais bien tort de me priver !), c'est
Catherine Sauvage. On la disait "Âpre, dure et passionnée".
(Jôzette, te souviens-tu de cette ceinture ?)
Si je me laissais aller, je vous en parlerais pendant des lignes et des lignes, mais l'occasion se représentera... (Vous ne perdez rien pour attendre !) Mais pour faire court, Brassens disait d'elle : "Elle ne chante pas, elle mord".
Avec l'intensité du texte, de l'orchestration et la théâtralité de l'interprétation, "La Fille de Londres" vous transporte dans un univers de gens "peu recommandables". Le climat vous plonge dans des odeurs, dans des moiteurs douteuses....
Je vous souhaite une bonne écoute.
La fille de Londres
Un rat est venu dans ma chambre Il a rongé la souricière Il a arrêté la pendule Et renversé le pot à bière
Je l’ai pris entre mes bras blancs Il était chaud comme un enfant Je l’ai bercé bien tendrement Et je lui chantais doucement :
Dors mon rat, mon flic, dors mon vieux boby Ne siffle pas sur les quais endormis Quand je tiendrai la main de mon chéri
Un Chinois est sorti de l’ombre Un Chinois a regardé Londres Sa casquette était de marine
Ornée d’une ancre coraline
Devant la porte de Charly À Penny Fields, je lui ai souri, Dans le silence de la nuit En chuchotant je lui ai dit :
Je voudrais, je voudrais... Je n’sais trop quoi Je voudrais ne plus entendre ma voix J’ai peur, j’ai peur de toi j’ai peur de moi
Sur son maillot de laine bleue On pouvait lire en lettres rondes Le nom d’une vieille « Compagnie » Qui, paraît-il, fait l’tour du monde
Nous sommes entrés chez Charly A Penny Fields, loin des soucis Et j’ai dansé toute la nuit Avec mon Chin’toc ébloui
Et chez Charly, il faisait jour et chaud Tess jouait « Daisy Bell » sur son vieux piano Un piano avec des dents de chameau
J’ai conduit l’Chinois dans ma chambre Il a mis le rat à la porte Il a arrêté la pendule Et renversé le pot à bière
Je l’ai pris dans mes bras tremblants Pour le bercer comme un enfant ll s’est endormi sur le dos... Alors j’lui ai pris son couteau...
C’était un couteau perfide et glacé Un sale couteau rouge de vérité Un sale couteau rouge sans spécialité
J'espère que ce premier "J'M" ne vous aura pas déçu et je vous dis
Je voudrais vous faire partager ce court instant de douceur découvert ce W.E.
C'est très court : 2 ' 15" Une fois de plus une musique dite de jazz qui fond dans le classique Il s'agit de :
* L'Île aux cygnes * Composé et interprété par Michel GRALLIER (Le gain étant faible je vous conseille de monter le volume) Pour atténuer tout effets secondaires indésirables (tristesse et autres..) penser au mot : ~ CARESSE ~
Qu'en pensez-vous ???
En cas de non fonctionnement, appelez le SOS Dépannage
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