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Kiki par Hemingway (17ème épisode)

Publié le par Mememad

Comme il a été dit précédemment, Hemingway écrivit la préface du livre des "Souvenirs"  de Kiki. En voici donc des extraits et autres réflexions à propos de Kiki.

KIKI, PAR HEMINGWAY
 
Hemingway dans la cour de son immeuble, 113 rue Notre Dame des Champs, en 1926.
 Derrière lui, le bois destiné à la scierie avec laquelle il partageait la cour.
"C'est le seul livre pour lequel j'aie jamais écrit une introduction, et, avec l'aide de Dieu, ce sera le seul", écrit-il dans les premières pages de la version anglaise des
Souvenirs de Kiki. Pourtant, en 1934, il récidiva à cause d'un autre ami, le barman Jimmie Charters, qui publia ses Mémoires.


« Il y a assez de photos dans ce livre pour que l'on sache ce dont elle avait l'air au cours des dix années qui viennent de s'écouler. Ces lignes sont écrites en mille neuf cent vingt-neuf et Kiki a l'air aujourd'hui d'un monument à sa propre gloire et à cette épo­que de Montparnasse, qui se trouva scellée [...] lorsqu'elle, Kiki, publia ce livre [...].


« En un an, alors que Kiki devint monu­mentale et Montparnasse devint riche, prospère, inondé de lumière, envahi de dancings [...], quand l'on s'est mis à ven­dre du caviar au Dôme, cette époque, dis-­je, quoi qu'elle ait valu - et personnelle­ment je ne pense pas qu'elle valut grand-chose - était terminée.


« En ce sens, Montparnasse signifie les cafés et les restaurants, où les gens vont pour être vus en public. Peu importent les appar­tements, ateliers et chambres d'hôtel où ils travaillent seuls. Dans le temps, la différen­ce entre l'ouvrier et celui qui ne fichait rien était que le traîne-savates pouvait aller traî­ner au café le matin [...]


 
“ Ceci, bien sûr, n’est pas tout à fait vrai, précisait Hemingway, car les plus fameux traîne-savates [...] ne se levaient pas avant cinq heures pour aller au café où ils se livraient en copains à des concours avec les ouvriers qui venaient de finir leur journée, pour voir qui descendrait le plus de verres [...J. Les traîne­savates étaient des gens bien et ils ont prouvé que c'étaient eux finalement qui avaient les reins les plus solides. Mais aussi, ils se reposaient dans la journée.”

L'ouvrier va au café avec le même sentiment de solitude que l'écrivain ou le peintre ressent après avoir trimé toute la journée [...]. Et puis, c'était merveilleux, après le travail, de voir Kiki. Elle était tout à fait merveilleuse à regarder. Ayant reçu, au départ, un joli minois, elle en a fait un chef-d'oeuvre. Elle avait un corps également merveilleux et une jolie voix - une voix qui dit, pas une voix qui chante. Elle a certainement dominé cette époque de Montparnasse mieux que la reine Victoria n'a jamais dominé la sienne.


« Cette époque est finie. Elle a passé son chemin, emportant avec elle les reins de l'ouvrier qui a trop longtemps levé le coude avec les traîne-savates [...].


« Kiki a encore sa voix. Nous n'avons pas à nous soucier de ses reins, elle vient de Bour­gogne où l'on fait ces choses-là beaucoup mieux que dans l'Illinois ou le Massachu­setts, et son visage est un chef-d'oeuvre tou­jours aussi admirable. Elle a seulement plus de matière à travailler aujourd'hui qu'hier. Il y a pourtant les photos du livre et puis, il y­a le livre. Car c'est en principe du livre qu'il est question ici. [...]


« Je pense que le livre de Kiki fait partie des meilleurs que j'aie lus depuis The Enormous Room (un roman tiré de ses souvenirs de guerre.) [...].


« Il est écrit par une femme qui, pour au­tant que je sache, n'a jamais eu une "cham­bre à soi". Et je pense qu'il vous fera souvenir en partie, et sans avoir à redouter la compa­raison, d'un autre livre au nom de femme écrit par Daniel Defoe (il s'agit de Heures et malheurs de la fameuse Moll Flanders, publié en 1722 par Daniel Defoe). Si vous en avez assez des livres écrits aujourd'hui par des ladies de tous sexes, voilà un livre écrit par une femme qui n'a jamais été une lady. Pendant une di­zaine d'années, elle a été aussi près qu'on peut l'être de nos jours de devenir une reine - mais une reine, bien sûr, n'a rien à voir avec une lady. »

Kiki, le 3 mai 1929, habillée pour aller au septième bal de charité de l'Aide amicale des artistes.
Il se donnait salle Huyghens, au 10 de la rue Huyghens, et était présidé par Mme Gustave Kahn, bien connue des artistes. Au second plan, à droite, Broca.

A suivre...

Les mots en rouges feront l'objet de liens ou d'articles ultérieurs...)
Les textes sont entèrement inspirés de Billy Klüver & Julie Martin & Kiki de Montparnasse.

Commenter cet article

lumi 21/10/2006 13:29

... et c'est parti ma kiki ...joli portrait !

Mememad 21/10/2006 15:43

... et ça continue !...

Christ.ian 20/10/2006 13:55

Je réponds ici au message suivant car je suis un très mauvais coureur :  je me suis bien amusé à lire tes réponses, finalement les chain-mail ne sont pas toutes à jeter : )

Mememad 20/10/2006 16:58

... Mauvais coureur ou mauvais joueur ?...Je ne vous en veux absolument pas, je respecte tout à fait votre désir.A bientôt malgré tout j'espère...

LiLipuce 20/10/2006 00:04

Kiki ! Kiki! Kiki! Rah moi j'suis toujours contenten de la retrouver cette Kiki

Mememad 21/10/2006 07:39

Ca fait vraiment heureuse de partager un plaisir avec des personnes que j'apprécie.Allez Kiki, caracole...

zen 19/10/2006 20:00

habillée pour aller au septième ciel tu veux dire! j'adoooooore

Mememad 19/10/2006 20:24

Je te conseille "ce p'tit haut" pour ton vernissage... Je te ferai les petites étiquettes "Vendu". OK ?

missmio 19/10/2006 14:08

Elle est superbe sur cette photo !! On croit l'entendre rire !! Hemingway savait parler des femmes !! Bonne journée !

Mememad 19/10/2006 17:36

J'ai eu la même pensée que toi.Oui, c'était un sacré phénomène !!!